Parfois ça PluriPASS, et parfois ça passe moins.

Aaah, les UEO. Bénédiction apportée par notre magnifique Pluripass, s’il en est. Est-il idée plus louable ? Ouverture d’esprit plus belle ?

Mais resituons un peu la chose.

Une UEO, c’est une Unité d’Enseignement Optionnelle. C’est donc une petite fraîcheur apportée par Pluripass, dont le but est de nous permettre, nous, jeunes Pluripassiens, de découvrir des horizons bien différents de la traditionnelle protéine Arp2 couplée au MA membranaire (cf cours cytosquelette, page 7). Le fait de suivre une UEO n’est en réalité pas optionnel, puisque chacun est dans l’obligation d’en sélectionner une en début d’année, puis deux autres au début du second semestre. Les possibilités d’apprentissage, en revanche, sont grandes.

Ainsi, on pourra se voir étudier l’anatomie des membres inférieurs si l’on souhaite rester dans la plus grande tradition de PACES, mais il existe bien des alternatives : Vulnérabilité psychologique de l’enfant, Anglais, Botanimal (du botanique et de l’animal, j’imagine ?), Sport (oui !), Neurosciences, ou encore Analyse économique de la décision individuelle (sic) ne sont que quelques exemples de la liste des nombreuses (29 !) UEO disponibles. Ici, le choix est grand, l’éventail large. Et pour le coup, le côté « ouverture vers autre chose » est réellement réussi.

Parce que le but est explicitement, non seulement de nous permettre d’acquérir des connaissances pour la suite de notre cursus, mais surtout de nous ouvrir vers autre chose que la santé, et ainsi appréhender notre réorientation face à un échec global nécessaire (85% de déçus, ne l’oublions pas).

Donc dans l’idée, c’est méga chouette.

Mais forcément, si j’en parle, c’est qu’il y a des trucs.

 

Passons tout d’abord rapidement sur la façon de s’inscrire aux UEO. Tout ceci passe par cette formidable plateforme mise à notre disposition sur l’Internet. Il s’agit très simplement de se connecter à une heure donnée sur une certaine page, de cocher les UEO que l’on souhaite suivre, puis de valider. Dans l’idée, c’est ça.

En réalité, c’est plus sale encore que la guerre d’Algérie.

Il s’agit d’être présent 30 minutes en avance GRAND MINIMUM. Parce que l’on sait que tout le monde voudra la même chose. Parce que l’on sait que l’on ne veut SURTOUT PAS finir en mathématiques. Maintenant que la page est ouverte, il faut rester devant, et appuyer frénétiquement sur F5, F5, F5, en théorie jusqu’à ce que la page affiche les possibilités d’inscription. En pratique jusqu’à ce que le site plante et nous invite à, peut-être, nous reposer l’index.

C’est là que la saleté se situe. Parce que le serveur, maintenant, il fait SA loi. Et c’est lui qui va décider qui détient le droit, ou non, de s’inscrire. Si ta tête ne lui revient pas, il décide de faire charger en boucle. Ou bien de t’indiquer un message d’erreur. Ou bien de te déconnecter. Et pendant ce temps-là, les places filent, filent, filent, chopées par les plus chanceux, et déjà il n’y en a plus dans les UEO vedettes.

Finalement, il faut trouver une âme charitable pour qui ça a fonctionné et fonctionne encore, lui filer ses identifiants, lui dire ce que l’on souhaite pour qu’elle nous annonce que, bah non, là y a plus de place. Et c’est comme ça qu’on se retrouve avec Chimie et Botanimal, quand on voulait Psychologie et Adolescence et santé.

Enfin. Ce problème ne semble en réalité pas avoir de vraie solution (Une inscription par priorisation des vœux ? Le problème serait le même, on n’aurait pas ce que l’on souhaite, le choix de qui a quoi serait finalement aléatoire, et purée ce serait compliqué. Une inscription par lettre de motivation ? Strictement inenvisageable tant il serait difficile de départager 1200 élèves.) Alors bon, partons du principe que c’est un fait. Les UEO entraînent ce problème, mais il semble inévitable.

 

En revanche, il est autre chose de bien moins excusable. Nécessairement, si on cherche à ouvrir vers autre chose que la médecine, il faut débusquer quelques gentilles âmes qui voudront bien partager leur savoir avec les quelques bizuths qui ont pris Stéréotypes et discrimination. Ces rayonnants professeurs extérieurs viennent, un grand sourire aux lèvres, de la bonne volonté qui déborde de partout, et puis ils lancent joyeusement : « On va passer une chouette année, dites donc, alors vous apprenez quoi en médecine, on va faire des vidéos et puis des exposés et puis des débats en ligne sur un chat, mais du coup vous, vous êtes en deuxième année c’est ça ? ».

Bon, autant dire que ça fout un froid.

Parce que oui, nous avons réellement eu droit à ça. Des professeurs qui n’avaient apparemment aucune idée de ce que représentent les études de médecine. Et on ne peut pas vraiment leur en vouloir à eux, en partant du principe que ce n’est pas quelque chose d’inné, de savoir que la P1, c’est dur. Le vrai problème, c’est qu’ils n’ont également aucune idée de ce qu’ils viennent réellement faire ici, ni des personnes à qui ils ont affaire, qui ne se sentent certainement pas P2 : « Mais du coup, l’évaluation, c’est par QCM ? On est obligé de vous mettre 0 ou 20 ? ». Qui est en cause, ici ? La scolarité qui n’a pas suffisamment informé, ou bien les professeurs qui ne se sont pas vraiment posés de question ? Certainement un peu des deux. Le fait est que se retrouver avec un dossier et une vidéo à faire pour le mercredi qui suit alors qu’un examen se situe le lundi, oui, c’est un réel problème. Surtout quand ce travail n’est pas à réaliser par la totalité des étudiants, selon l’UEO qu’ils auront choisie.

(Parce qu’en effet, le principe même des UEO est inégalitaire, puisque chacun ne suit pas les mêmes cours aux mêmes moments, n’apprend pas les mêmes choses, n’est pas exposé à la même charge de travail ni à la même difficulté. Ceci dit, ce dernier point a plutôt bien été géré par nos amis réformateurs, notamment  grâce à l’évaluation type tout ou rien : 20/20 ou 0. Si bien qu’à condition d’avoir travaillé, l’UEO est facilement validée. Donc pour le coup, passons, c’est du boulot assez propre.)

 

Donc les UEO ? Comme à peu près la totalité de Pluripass. Plein de bonnes intentions. Difficile à mettre en pratique. Et une nécessité de fignolage impérieuse.

Maintenant, à moi, il ne me reste plus qu’à trouver une passion pour les formules de concentration, et puis la botanique.

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